Cet article analyse un projet participatif porté par un ensemble lyrique visant à célébrer la diversité du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis pendant l’Olympiade culturelle de Paris (2023-2024). L’équipe a enregistré 400 chants auprès des habitant·es, qui ont servi de base à la création de polyphonies, interprétées par des choeurs amateurs lors de concerts participatifs dans l’espace public. Cette enquête ethnographique donne à voir le « malaise » (Clifford 1988) progressivement ressenti par l’équipe artistique et les professionnelles de support formulé en termes « d’appropriation culturelle ». Face à cette question – qui se situe à la croisée des sphères savante et populaire – les compositeurs ont réalisé différents types d’arrangements qui ont profondément modifié le projet initial. Cet article donne ainsi à voir les controverses qui agitent les mondes de l’art, concernant l’utilisation par des artistes occidentaux installés, de musiques populaires provenant de cultures historiquement minorisées dans des projets aux visées universalisantes.