A partir du portrait de Vesta, cet article interroge les « politiques du pronom » de deux manières. Tout d’abord il analyse les enjeux du portrait pour rendre compte d’un vécu queer marqué par la disciplinarisation qui vise l’annihilation physique et/ou langagière du corps perçu comme transgressif. Il prolonge ensuite la réflexion pour questionner la production d’un savoir anthropologique. L’analyse d’un vécu individuel par « nous » collectif vient disrupter le traditionnel partage d’un « je » anthropologique singulier et d’« eux », certes pluriel mais homogénéisé. Les politiques du pronom pointent à la fois les processus de sélection et de réarticulation des données pour générer une cohérence immanquablement réductrice du vécu queer ; et la mise en scène de l’équipe de recherche à travers la question du positionnement de ses membres, entre recherche d’honnêteté épistémologique et risque de tokénisme.